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Le végane, ton pire ennemi

07/03/2018

 

 

L'activisme par l'alimentation

 

Découverte : Mon amie Daniela s'est convertie au véganisme il y a une année, ce qui ne manque pas d'attiser ma curiosité pour cette cause à la fois de plus en plus présente et controversée.

 

Festivals, réseaux sociaux, évènements antispécistes, l’ampleur du mouvement végane s’impose aux yeux de tous ceux que ça intéresse… et des autres. Le 10 février dernier, des militants d’Anonymous for the voiceless se sont tenus à St-Laurent, équipés d’écrans dévoilant le traitement réservé aux animaux dans les abattoirs. Ce militantisme silencieux a pour but de sensibiliser les passants à la souffrance animale et de les encourager à repenser leur alimentation. L’évènement n’a pas manqué de marquer les esprits.

 

Le véganisme dénombre certainement autant de raisons de s’y tenir que d’adeptes ; cependant, des arguments d’écologie et de santé sont souvent cités aux côtés du respect des espèces non humaines. En termes d’environnement, un rapport de l’ONU publié en 2010 soutient qu’une véritable réduction des impacts négatifs de l'activité humaine sur l’état de la planète nécessiterait de renoncer à toute alimentation d’origine animale. Les théories diffèrent par rapport aux questions de santé ; si l’Organisation mondiale de la santé affirme que la viande rouge et la viande transformée sont cancérigènes, elle se défend d’encourager les gens à s'en priver, mais indique qu’il est préférable d’en réduire la consommation. Concernant les autres produits d’origine animale, la Société Suisse de Nutrition recommande de manger trois produits laitiers par jour, alors qu’une étude suédoise effectuée en 2014 montre qu’une forte consommation de lait pendant l'adolescence augmenterait les probabilités d’avoir des fractures. Un flou général règne en raison des différentes écoles et chaque consommateur·trice saura trouver une institution confirmant ses croyances en termes d’alimentation. Néanmoins, toutes et tous s’accordent concernant la nécessité pour tout·e végane de s’alimenter en vitamine B12 par le biais de compléments alimentaires ; seuls les aliments d’origine animale en contiennent en quantités suffisantes.

 

La souffrance animale demeure le cheval de guerre des différents activistes, qui rencontrent alors une opposition plus ferme. L’antispécisme, ou refus d’infliger à d’autres espèces ce que l’on trouverait intolérable sur des êtres humains, se voit souvent confronté à ses limites :

 

 

Quelles que soient les convictions et les raisons des véganes de s'alimenter ainsi, il est surprenant de voir l’indignation qu’ils inspirent auprès des consommateurs de viande. Pour quelles raisons les réactions se font autant dénigrantes ? « Je n’aime pas parler des raisons qui m’ont poussée à devenir végane, ni du véganisme en général » affirme Daniela, qui s’est appropriée la cause il y a une année. « Si on me demande poliment pourquoi, je répondrai le minimum, mais je n’ai pas envie d’approfondir la conversation ». Se sentir respecté·e par les non adeptes du mouvement est un luxe auquel peu de véganes goûtent, mais les réseaux sociaux permettent de se sentir moins seul·e : « le soutien que je trouve sur les communautés en ligne est très agréable ; notamment sur instagram ».

 

L’activisme à travers le mode d’alimentation et  les habitudes vestimentaires prend de plus en plus d'importance, mais ne manque pas de déranger celles et ceux qui s’y refusent. Dans un monde où les expert·e·s de tous les domaines publient des résultats de plus en plus inquiétants quant à la santé de notre planète, il n’est jamais agréable de se voir confronté à sa propre contribution au problème. Adhérant·e ou non à la cause, la bienveillance et le respect face aux personnes qui s’y engagent sont les bienvenus.

 

 

 

 

 

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