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À la poubelle... et après ?

23/05/2018

Découverte : Article rédigé pour le 245ème numéro de L'auditoire, le journal des étudiant·e·s de l'Université de Lausanne, suite à la proposition de Valentine, responsable Dossier.

 

À la poubelle... et après ?

 

GASPILLAGE • Les Suisses jettent 11% des aliments qu'ils achètent et gaspillent par la même occasion 2'000 francs par an. Le mouvement international Disco Soupe éveille les consciences sur les conséquences écologiques de ce fonctionnement.

 

« Si le gaspillage alimentaire était un pays, il serait le troisième plus grand émetteur de CO2, après la Chine et les Etats-Unis », selon un rapport de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture. En effet, un tiers de la nourriture produite dans le monde est jeté, dépensant inutilement de précieuses ressources. Cette problématique s'observe à plusieurs niveaux de la chaîne de production alimentaire : déclassement des marchandises pour des raisons esthétiques, pertes liées au transport et à l'entreposage, et gaspillage dans l'industrie de la transformation. Au niveau des grandes surfaces suisses, les produits invendus en raison des dates de péremption sont majoritairement distribués à des organisations caritatives. Néanmoins, « les consommateurs gaspillent quatre fois plus que les supermarchés, dépensant inutilement une moyenne de 2'000 francs par an » mentionne Thomas Fassnacht, organisateur du dernier Disco Soupe lausannois, qui lutte contre le gaspillage alimentaire.

 

Atelier récupération

C'est dans la lignée de cette prise de conscience que le mouvement international Disco Soupe prend de l'ampleur. Après l'édition du 8 mars organisée sur le campus par Unipoly, c'est à la Place de l'Europe que des bénévoles se sont réunis le 25 avril dernier pour découper les légumes invendus d'un supermarché et profiter de la soupe concoctée par des cuisiniers. Après avoir épluché les aliments nécessaires pour le potage, des dizaines de caisses de légumes inutilisés ont été mises à disposition des passants. L'idée de ces évènements est de sensibiliser les consommateurs concernant les conséquences environnementales de la nourriture qui finit dans leurs poubelles. Ces évènements permettent de valoriser les aliments, dont le prix a baissé ces dernières années, ce qui a graduellement effacé des esprits la conscience du travail et des ressources nécessaires pour produire de la nourriture. « Pour faire un kilo de pain, on a besoin de 1'000 litres d'eau », mentionne l'organisateur de l'évènement, soulignant la nécessité de repenses ses habitudes de consommation.

 

L'exemple à suivre

Pour diminuer ses déchets alimentaires, Thomas Fassnacht offre de nombreux conseils : établir une liste et vérifier le contenu de son frigo avant d'aller faire ses courses ; se rendre au supermarché le ventre plein, la faim biaisant les achats vers l’excès ; réfléchir à deux fois avant d’acheter une plus grande quantité d’aliments sous prétexte qu’ils sont en promotion ; faire preuve de créativité pour réutiliser les restes ; et consommer local. En effet, les aliments produits à proximité restent comestibles plus longtemps que ceux dont la durée et les aléas du trajet ont accéléré le processus de décomposition. Il encourage également les consommateurs à faire preuve de réalisme lorsqu'ils vont au restaurant, où de nombreux plats et desserts sont délaissés avec une entrée trop copieuse. Dans ces cas, le doggy-bag est une solution adaptée, étant donné qu'elle permet de valoriser à la fois la production des aliments, le travail des cuisiniers et le budget dépensé. Des gestes simples, favorisant à la fois le respect de la nourriture et le plaisir de manger, et permettant à chacun de contribuer à son échelle pour une meilleure utilisation des ressources.

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